Haut de page
18 Mai 2012, St Eric

 

Liens partenaires
  • Aucun lien actuellement
Publicité
Rubriques
Campagne membre

Ce blog est réservé à mon premier roman. Les articles publiés ici, ainsi que des informtions sur mes autres livres, sont disponibles sur mon site, où mes lecteurs peuvent échanger leurs points de vue: jean-francois-mopin.com

Mises à jour

Histoire de l'histoire Article 18/09/2008

Ma soeur est morte quand j'avais 7 ans. Elle avait un an de plus que moi. J'ai toujours eu du mal à accepter ce manque. Très tôt, j'ai voulu imaginer qu'elle vivait encore, mais la version chrétienne du Paradis ne me satisfaisait pas. Il me semblait qu'elle aussi avait droit d'avoir sa maman (la même que moi, qui est très bien. Je vous la recommande). Alors j'ai créé un monde parallèle dans lequel elle pouvait continuer à exister, même si moi je ne la voyais pas. Je n'ai jamais cherché à savoir ce qui s'y passait, ce qu'elle vivait. Je me suis contenté de croire qu'elle n'avait pas disparu à jamais. Le reste importait peu.


Avec le temps tout cela s'est effacé. J'ai grandi, étudié. Et plus j'ai étudié l'histoire de l'Église, moins j'ai été convaincu. Je suis même devenu anticlérical et athée forcené. Ce qui n'empêche pas de rêver et d'imaginer. Quand il s'est agi pour moi de commencer à écrire, une des premières histoires qui s'est formée dans mon esprit est celle d'In Memoriam. Sans doute parce que c'est le premier monde imaginaire que j'avais créé, enfant.


La forme que prend le roman, c'est à dire la forme épistolaire, me semblait évidente. D'abord, c'est le seul moyen de donner la parole aux deux protagonistes. Ensuite, lorsque j'ai écrit le manuscrit, j'étais dans une période assez agitée de ma vie. Cinq déménagements en un an... Je vivais pour ainsi dire dans les cartons, et il était plus simple de segmenter la narration en épisodes courts et indépendants, que je pouvais écrire chaque jour. Un long récit linéaire m'aurait demandé plus de temps et de place. De plus, comme la plus grande partie de l'histoire de Charlotte et Pierre n'est pas racontée (ils n'écrivent qu'une fois par an et leur vie est donc pleine de non-dits et de trous), les conditions dans lesquelles j'écrivais restituaient partiellement ces vides.


Quant au contexte historique... Rien ne m'insupporte autant que les anachronismes et les erreurs flagrantes dans les récits historiques. Dans Gladiator par exemple, l'accumulation d'aberrations à la seconde me rend ce film odieux (gros plan sur les étriers pour ne citer que cet exemple -car si les Romains avaient eu des étriers, les Huns ne seraient pas passés tondre la pelouse...) . Mon roman n'est pas à proprement parler un roman historique, mais les personnages traversent tout de même deux siècles. Et c'est la période de l'histoire que je maîtrise le moins bien. Pour éviter les erreurs les plus grossières, j'ai donc utilisé au mieux mes connaissances. J'ai étudié la Guerre Civile américaine (1860-1865), la Guerre des Boxers (en Chine à la fin du 19ème siècle)... Alors je me suis arrangé pour que mes personnages se retrouvent là où cela m'arrangeait qu'ils soient.


Enfin il y a un certain nombre d'idées dans le texte. Les "théories intempestives", la "théorie du clitoris", la "théorie de l'évolution de la pomme de terre"... Je me suis bien amusé à les raccommoder ensemble. Et pour maintenir un suspense, les démêlés entre Pierre et Charlotte connaissent trois phases, marquées par la naissance et la mort de Victor. J'ai joué aussi avec leur situation. La gageure pour moi était de les faire interagir alors qu'ils n'existent pas dans le même monde. Je suis assez content d'avoir réussi un "assassinat" dans ces conditions.

Tags associés : Histoire, histoire

J'kaz !
0
Jeudi 18 Septembre 2008Poster un commentaire

La première couverture, pour la première édition, reprenait juste l'apparence du livre fictif : une couverture en cuir rouge avec le titre gravé en lettres d'or. En moins réussi que celle-ci, mais elle était correcte. Quand j'en ai parlé avec les frères Bruno et Rémi Gasnier, des éditions du tremplin, ils ont proposé de développer un peu plus le contexte. Un quatrième de couverture différent, reprenant le prière d'insérer et incluant une petite notice biographique. La photo n'est pas terrible, mais c'est tout ce que j'avais à ce moment là.

Quant à la première de couverture, je souhaitais avoir sur la gauche, en noir et blanc, les doigts de la main d'une jeune fille tenant le livre, et sur la droite, en couleur, une main de vieillard. On aurait eu l'impression que quelqu'un tenait le livre pour le lire. Un personnage tantôt jeune femme en noir et blanc, donc dans le passé, tantôt vieil homme dans le présent. C'était un raccourci de l'histoire. Puis, Rémi a ajouté le symbole ésotérique, dont aucun d'entre nous ne sait ce qu'il représente. C'est vaguement une croix celtique mais pas tout à fait, vaguement un symbole satanique genre pentacle, mais pas tout à fait... Bref, impossible de décider si c'est un symbole divin ou diabolique. Ce qui va bien avec le livre, dont on ignore s'il est un don de Dieu ou du Diable... La motivation première était purement graphique, mais j'ai rapidement accepté cet ajout. Et c'est en prenant les photos des mains (sur la couverture, vous voyez la main de Pierre Gasnier, le père des deux frères, et celle MingYu, la compagne de Rémi) que Bruno a eu une idée lumineuse. Au lieu de se contenter des doigts, il a proposé cette pose, qui rappelle indiscutablement le tableau de Michel-Ange. Le doigt de Dieu et la main d'Adam...

Je suis très content de cette couverture. Elle est belle, elle est rouge, et du coup sur mon site je peux, avec les couleurs de mes couvertures, faire un drapeau français !

Tags associés : couverture

J'kaz !
0
Mardi 16 Septembre 2008Poster un commentaire

Dieu et ses services étaient débordés; ils n'ont pas vu ces deux enfants mourir. Alors que pouvait-on faire d'eux lors du procès de leurs âmes? Les enfants vont au Paradis, mais seulement lorsque leur mort est prévue, et l'arrêt contresigné par le Diable.


On leur impose donc une épreuve: ils auront chacun cent ans de vie, mais ils ne seront pas ensemble. Ils vivront à tour de rôle, un an chacun. Toutes les traces de l'existence de l'autre seront effacées, à l'exception d'un livre étrange, seul objet capable de passer de l'un à l'autre. Et c'est ce livre qui est ici restitué.


Ils sont frère et soeur. Ils s'aiment, s'aident, se détestent, se détruisent, traversent les tempêtes, et tentent de construire une famille, de vaincre le sort, de tuer Dieu. D'échecs en réussites, ils finissent par atteindre la fin, avec un casier plus chargé et un procès qui s'annonce bien plus délicat que le premier, d'autant plus que l'identité des juges n'est plus aussi certaine.

Tags associés : Quatrieme, couverture

J'kaz !
0
Mardi 16 Septembre 20081 commentaire(s)

Écrire est la partie la plus facile du travail de l'écrivain. Du moins, de l'écrivain inconnu. Après, il faut chercher un éditeur. Et c'est là que les difficultés commencent.


J'ai commencé par envoyer mon manuscrit à un bon nombre d'éditeurs. La plupart l'ont conservé huit ou dix mois, avant de me renvoyer un petit mot pour expliquer qu'ils avaient "lu attentivement" mon texte, mais qu'il "n'entrait pas dans leur ligne éditoriale", ou alors qu'ils "ne pensaient qu'il ne trouverait pas son public au sein de leur collection"... Mais comme, comme les auteurs le sont souvent, j'étais convaincu d'écrire assez bien, j'ai voulu insister et en savoir plus. Je suis allé les voir, j'ai poussé les portes, posé des questions... et j'ai découvert un monde fascinant d'hypocrisie.


Un grand éditeur national a fini par m'avouer qu'en dépit de ce qu'il m'avait écrit, il n'avait pas lu mon texte. D'après lui, ils en reçoivent tellement qu'ils ne peuvent lire qu'environ 20 pour cent des manuscrits qu'on leur envoie. Il faut donc passer la première épreuve du tirage au sort... Mais si au moins ils avaient eu la franchise de me dire qu'ils n'avaient pas lu mon manuscrit faute de temps, j'aurais pu avoir un semblant de respect pour eux.


D'autres éditeurs m'ont éclairé davantage. Chez une grande maison, plus prestigieuse encore que celle que je viens de mentionner, on m'a clairement expliqué pourquoi je ne serais pas publié. Mon texte a convaincu le comité de lecture, mais on m'a dit "maintenant, nous allons faire une étude de marché sur votre nom. Vous n'êtes pas connu". Voilà qui est très mesquin. Mais au moins, c'est clair. Je ne pense pas que cet éditeur soit plus pourri que les autres. Au contraire: il a le courage d'avouer des pratiques très répandues. En France, ce ne sont pas les livres qu'on vend, c'est le nom de l'auteur. A moins d'être l'ami, le frère ou le chauffeur de quelqu'un...


Pour preuve cette troisième maison, qui m'a ouvertement proposé de publier mon texte, mais pas sous mon nom. Ils ont un réservoir de "people" qui souhaitent faire croire qu'ils sont capables d'écrire, et qui cherchent des romans sur lesquels apposer leur nom pour leur donner une crédibilité qu'ils ne méritent pas. En l'occurrence, le "people" dont on m'a proposé d'être le nègre était un crétin issu de la téléréalité, dont j'ai eu maintes fois l'occasion de constater l'imbécillité sur les plateaux de télévision... Certes, j'aurais gagné de l'argent. Mais quitte à vendre mon âme au Diable, autant qu'il paie mieux...


C'est après mon expérience suivante que j'ai compris. Mon interlocuteur suivant m'a dit, en ces termes: "dans l'édition, tant que vous n'avez pas vendu 20 000 exemplaires, vous n'existez pas". J'ai évidemment répondu que pour vendre les 20 000 exemplaires en question, il faut être publié. Cet argument n'a pas semblé porter ses fruits...


Je me suis donc résigné à sortir In Memoriam à la société des écrivains. C'est une petite boîte qui publie à peu près n'importe quoi, contre finance. Mais sans diffusion, sans plan média, sans marketing d'aucune sorte, difficile de percer. J'ai même rapidement constaté qu'en plus d'être incompétents, ils étaient malhonnêtes. Dans les divers salons du livre auxquels je me suis fait inviter pendant les six premiers mois, j'ai signé 105 exemplaires du livre. Or, selon leur décompte, il n'en a été vendu que 52. Outre le chiffre dérisoire et ridicule, il semble tout de même que sur les 105 exemplaires que j'ai signés, 53 ont été volés et non payés... J'avais signé un contrat de 2 ans avec eux, que je me suis empressé de résilier à la première occasion.


Entre-temps, Le Bandeau était en route, et les éditions Blanche m'ont redonné confiance. J'ai fait la connaissance d'une maison d'édition en train de se lancer, les éditions du tremplin, et j'ai fait un bout de route avec eux. Malheureusement, ils ont été victime de leur trop grande gentillesse (ou naïveté ?). En traitant bien leurs auteurs et en prenant le temps de lire les manuscrits, ils ont oublié de faire la partie la plus mercantile et sordide. Celle dont les grandes maisons se contentent. Nous vivons dans le vrai monde, et les bonnes intentions ne paient pas. Ils ont mis la clé sous la porte. Je suis donc de nouveau en recherche d'éditeur pour In Memoriam. Mais cette fois, j'ai les chiffres de vente du Bandeau derrière moi, et un contrat pour publication de The Covery and Then aux Etats-Unis...


Mon éditeur américain m'a beaucoup appris. Au prix de prises de bec et de grincements de dents, certes, mais tout de même. Ils m'ont expliqué ce qu'il faut faire une fois qu'on a fini de travailler sur le texte. Ce n'est pas plaisant pour un romancier, mais il faut y passer si on veut sa faire le nom dont on a besoin... Et la première étape, c'est de créer un site. Ce que je suis en train de faire.

Tags associés : Chemin, croix, inconnu, etre, edite

J'kaz !
0
Mardi 16 Septembre 20082 commentaire(s)